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Interview Secrétaire Général de l'ISAPS
(International Society of Aesthetic Plastic Surgery)

« La tendance actuelle, qui veut que les méthodes non invasives de rajeunissement et d'embellissement gagne chaque jour du terrain sur la chirurgie esthétique classique, peut être considérée comme une bonne chose, à condition d'en connaître le règles et les limites. Mais lorsque de jeunes spécialistes des méthodes non invasives s'autoproclament ainsi, à cet instant, peuvent survenir des problèmes. La sécurité du patient n'a pas d'alternative, et cela doit être clair pour tout le monde », déclare le Secrétaire Général de l'ISAPS.

“Il n'y a pas d'alternative à la sécurité du patient”

Question : Les méthodes non invasives de rajeunissement sont en plein essor. Il semble que la chirurgie perd du terrain face à elle. Comment voyez-vous ce processus et que représente t-il ?

ISAPS : Il est vrai que nous sommes actuellement dans une période de forte compétition entre la chirurgie esthétique et les méthodes non invasives. Ce processus ne peut pas s'arrêter, mais ne doit pas être analysé que d'un seul côté. Le bon est que ces méthodes non agressives, ou moins agressives, sont plus appréciables pour le patient. Le moins bon côté est que, de par leur relative simplicité, elles sont souvent pratiquées par des gens n'ayant pas les compétences requises pour exercer. Ces interventions sont aujourd'hui pratiquées par des docteurs de différentes spécialités, mais aussi par du personnel médical (en Angleterre, les infirmières peuvent se charger des injections de Botox), et même des personnes n'ayant aucun rapport avec la médecine (cosmétique, techniciens, etc.). Cela peut amener une très grande insécurité chez le patient. De ce problème traite et rend parfaitement compte un rapport récent aux Etats-Unis, dont le thème est la satisfaction des patients après une intervention de méthode non opératoire, réalisée par un praticien n'étant pas chirurgien plastique, mais plutôt un docteur d'une autre spécialité, un dermatologue, otorhinologue ou autres. 
Le plus grand nombre a déclaré être satisfait par la qualité de l'intervention, ce qui n'est pas étonnant : il est en effet question de petites, relativement simples interventions, qui peuvent être réalisées de façon qualitative et avec des connaissances médicales minimales. Cependant, ce qui est plus intéressant, réside dans la réponse à la question consistant à savoir si ces mêmes patients seraient prêts à faire confiance à ces mêmes praticiens pour de la chirurgie plastique cette fois ? Environ 80 % d'entre eux ont répondu par l'affirmative. Concrètement, ces questionnés sont prêts à laisser faire quelqu'un n'ayant que peu de connaissances médicales, un face lifting par exemple, « parce que le Botox a bien fonctionné »en quelque sorte disent-ils… C'est donc le danger actuel. Les docteurs chargés des méthodes non invasives doivent connaître leurs limites et possibilités, et ne pas penser que maîtriser ces méthodes leur ouvre les portes d'interventions pour lesquelles ils ne sont pas qualifiés, juste parce qu'ils ont gagné la confiance de leurs patients.

Q. : Est-ce pour ces raisons que l'association américaine de chirurgie esthétique et plastique, l' A.S.A.P.S., en tant que plus grande association mondiale, a lancé une campagne de sensibilisation de grande envergure quant à la sécurité lors de ces interventions ?

ISAPS :
Leur slogan, « Safe surgery, saves lives », qui a été lancé lors de leur dernier congrès, a trouvé une grande écoute de par le monde, et a été soutenu par l' I.S.A.P.S., dont je suis le secrétaire général(le précédent secrétaire étant Renato Saltz, désormais président de l' I.S.A.P.S.). Sa signification est que, pour le docteur, le patient doit être la priorité, et non pas simplement un moyen de gagner plus d'argent, de développer ses activités ! Ceci veut encore dire que toutes les opérations doivent avoir lieu dans des cliniques habilitées, disposants de tous les appareils et matériels adéquats pour le bon déroulement de l'opération, avec du personnel qualifié, bref, tout ce qui permet une sécurité maximale pour le patient. Non invasif ne veut pas dire inefficace.

Q. : Est-ce que les méthodes de rajeunissement non invasives deviennent plus populaire grâce à leur efficacité, leur plus grande « simplicité », ou bien cette popularité est-elle le résultat d'une certaine peur du patient de l'opération chirurgicale, de l'anesthésie, du rétablissement, etc. ?

ISAPS : Il est exact qu'il reste moins de place pour la chirurgie actuellement quand il est question de rajeunissement, mais ce ne doit pas devenir une fatalité. Les chirurgiens plastiques ne doivent surtout pas tomber à présent dans le piège de « tout opérer », surtout s'il est possible d'obtenir des améliorations par des voies non opératoires. Il y a un certain nombre d'exemples, on peut en citer quelques-uns qui concernent principalement le recours au Botox, ou à des substances équivalentes, telles que le Hyaluron, qui permettent d'éviter le recours à la chirurgie dans des cas précis, notamment pour les différents types de lifting. L'inconvénient de ces injections est leur effet provisoire. L'intervention doit se répéter régulièrement pour ne pas perdre les effets neutralisants sur les rides notamment.

Q. : Il s'agit de la préoccupation première chez les patients lorsqu'il est question de Botox, Hyaluron : chaque nouveau traitement st synonyme de nouveaux résultats, visite chez les docteur, injections, douleurs…Alors que beaucoup de personnes ne sont pas prêtes pour cela, et recherche les fillers définitifs. 

ISAPS :
Il est exact que bon nombre de patients posent la question, à savoir si les lèvres, ou une autre partie du visage, peuvent être augmenté en volume de façon permanente, et mentionne notamment le gel biopolymer. Ce que ces patients ne savent pas, c'est qu'il s'agit, en fait, d'un nom, disons, sophistiqué, pour parler d'une variété de silicone ordinaire, qui est aujourd'hui interdit dans les pays développés. Néanmoins, certains chirurgiens l'utilisent malgré tout, car il est très peu cher à l'achat (moins pour le patient…) et, ainsi, s'attire une nouvelle clientèle. Le silicone peut, dans un premier temps, montrer de bons effets, mais sur le plus long terme, après un ou trois ans, se formera un siliconoma, qui va déformer les lèvres et qui sont extrêmement difficiles à enlever par la suite. Il existe des fillers permanents et de qualité, tel que Aquamida, grâce auxquels on obtient des résultats intéressants, et qui sont sûrs, mais aussi plus chers. Toutefois, mon opinion est que les traitements permanents représentent quelque chose qu'il ne fait pas forcer, imposer, jusqu'à ce que le patient sache vraiment ce qu'il souhaite, quelque soit la région du corps concernée. 

Q. : À un moment donné, il semblait que les fils crantés Aptos® allaient régler bon nombre de problèmes dans le rajeunissement du visage, et que le face lift serait dépassé et oublié. Cela ne s'est pas produit. Pour quelles raisons ?

ISAPS : Les fils Aptos®, aussi bons soient-ils, disons, pour une rapide élévation des sourcils, se sont montrés être une très mauvaise solution dans certains cas, provoquant des douleurs, désagréments, ou manque d'asymétries. Les fils d'or crantés proposent une meilleure alternative, mais leur plein effet ne se fera ressentir que 2 à 3 mois plus tard, le temps que la peau retrouve un aspect naturel, plus ferme, pour un visage à l'aspect rajeuni.

Q. : Quand il est question du corps, il existe une grande offre d'appareils pour les traitements et soins non chirurgicaux. Où est là-dedans la part de vérité, où est le pur marketing ?

ISAPS : Les différents soins énergétiques (ultrasons, laser, etc.) qui sont appliqués de façon externe ou locale, sur certaine région du corps, pour agir sur la diminution de masses graisseuses, de façon à les expulser de la manière la plus naturelle possible, n'ont qu'un effet relatif selon moi. Il est ici question de méthodes qui sont prévues pour des régions limitées du corps. Ainsi, si le patient désire un traitement du corps dans son entier, il lui faudra combiner, cumuler plusieurs traitements de parties différentes, ce qui se transformerait en d'interminables visites chez le praticien. 
La question devient, dans ce cas, combien de personnes sont prêtes à ce genre d'exercice, car la majorité souhaite obtenir des résultats immédiats. Ceux-ci ne sont possibles qu'au travers de la chirurgie esthétique, grâce à ses techniques de traitements connues, où le corps est considéré dans son ensemble, et non comme une sorte de « puzzle à assembler ».

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